MME LE DR A. NOËL
Ex-Interne des Hôpitaux de Paris
LA CHIRURGIE
ESTHÉTIQUE
SON ROLE SOCIAL
MASSON ET Cie, ÉDITEURS
LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 120, PARIS, VI*
— ■ = 1926 —
LA CHIRURGIE
ESTHÉTIQUE
SON MOLE SOCIAL
MME LE DR A. NOËL
Ex Interne des Hôpitaux de Paris
LA CHIRURGIE
ESTHÉTIQUE
SON ROLE SOCIAL
MASSON ET C‘% EDITEURS
LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
I 20, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, I 20, PARIS, VIe
' : 1926 -
Tous droits de reproduction,
de traduction et d’adaptation
réservés pour tous pays
Copyright i g 26 b y Masson et Cie
INTRODUCTION
Un grand nombre de personnes, qui me connaissent
depuis longtemps, se sont demandé pourquoi j’avais fait de
la chirurgie esthétique, alors que je paraissais destinée
exclusivement à la médecine et en particulier à la dermato¬
logie.
Voici les faits; ils constituent un historique assez intéres¬
sant :
En 191$, une de nos grandes artistes revint d’Amérique,
après une triomphale tournée, et tous les journaux racon¬
tèrent comment, à la suite d’une opération pratiquée dans le
cuir chevelu, elle avait retrouvé une jeunesse surprenante.
Ce récit me frappa beaucoup, et sur mon propre visage,
j'essayai, avec les doigts , de pincer la peau en divers endroits
et en différents sens , pour en rectifier les plis.
Je fus étonnée des résultats qu’on pouvait obtenir, et je me
mis à étudier la question très sérieusement, faisant des
patrons, les appliquant, pinçant ensuite les téguments avec
des pinces en bois, pour me rendre compte du résultat. Je
lis aussi des expériences concluantes sur des lapins vivants,
préalablement anesthésiés, la peau du lapin étant d’une
(inesse et d’une élasticité assez semblables à celle de la peau
humaine.
Ainsi renseignée j'allai trouver l'artiste en question. Elle
me reçut d’une façon charmante, m’expliqua ce qui lui avait
6
Chirurgie esthétique
été fait aux Etats-Unis, et qui ne ressemblait en rien à ce que
je désirais réaliser. 11 lui avait été, en effet, prélevé dans le
cuir chevelu, une simple bande allant d une oreille à l’autre.
Si le résultat avait été assez efficace pour le haut de la face,
en atténuant les rides du front et en effaçant la patte d’oie,
il n’avail en rien modifié le bas du visage.
Notre vedette fut très séduite par mes explications, et je
dois dire qu’elle fut une de mes premières clientes, lorsque
j’eus mis au point, tout ce dont je lui avais parlé.
Dès ce moment, sur des sujets de bonne volonté qui se
présentèrent, je pratiquai de timides interventions dont je
souris maintenant, mais qui me firent comprendre tout ce
qu’on pouvait attendre d’opérations plus larges. J’essayai
même de travailler sur le muscle mais j’y renonçai rapide¬
ment ce procédé nuisant beaucoup aux interventions pos¬
sibles pour l’avenir.
Par la suite, la guerre entrava un peu mes projets ; il y
avait en 1914 et 1915 trop à faire dans les hôpitaux et dans la
vie civile, au point de vue médical, pour approfondir com¬
plètement la question. Néanmoins je continuai à y penser
très sérieusement et je mis au point toute mon instrumen¬
tation.
En 1916 je me remis au travail avec ardeur; j'allai trouver
de Martel et sollicitai ses conseils, assez gênée par mon man¬
que d’habileté chirurgicale.
Les leçons qu’il voulut bien me donner sont un des meil¬
leurs souvenirs de ma vie d’interne et je ne saurais trop l’en
remercier ici.
Je pratiquai à ce moment une très vaste opération sur le
cou d’un patient, véritable Spartiate qui ne voulut même pas
être anesthésié localement.
La suture de l’énorme lambeau se fit de la manière la plus
recherchée — ne va-t-on pas toujours du plus compliqué au
plus simple ! — à l’aide d'aiguilles spéciales non moins
extraordinaires.
L’opération dura fort longtemps, la cicatrisation fut très
lente mais le résultat final excellent.
A mon point de vue cette grande intervention m’instruisit
plus que toutes celles que je pratiquai par la suite.
Huit jours après, à peine remise de mes émotions, j’entre¬
prenais un nouveau sujet, m’attaquant directement à son
double menton, opération très délicate mais que j eus la
chance de réussir d’une façon très satisfaisante.
Le sujet cicatrisé, je lui fis subir une seconde intervention
au niveau de la tempe, intervention qui réussit parfaitement
et donna les meilleurs résultats.
Peu de jours après, j’eus l’occasion de traiter une femme,
les sujets précédents étant des hommes. La malheureuse ne
pouvait plus gagner sa vie en raison de son apparente vieil¬
lesse.
Elle fut tellement rajeunie dès la première opération
qu elle trouva de suite une situation.
Je fus très frappée de ce résultat.
La chirurgie esthétique m apparut dès lors comme un véri¬
table bienfait social permettant aussi bien aux hommes
quaux femmes de prolonger leurs possibilités de travail d'une
manière inespérée .
Depuis ce moment j’ai consacré la majeure partie de mon
temps à la chirurgie esthétique.
GÉNÉRALITÉS
CHAPITRE I
ROLE SOCIAL
DE LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE
Dès 1918 la vie apparut comme devant devenir de plus en
plus dure.
Or, chacun sait combien il est difficile pour un être qui
travaille de trouver un emploi lorsqu’il est marqué par
l’Age.
A part quelques exceptions, partout il faut de la jeunesse
et de la beauté !
N’est-il pas également désolant pour les artistes, d’être
ob/icjés de renoncer à leur art , en raison de leur physique,
alors ({lie leur talent est le plus souvent dans toute sa plé¬
nitude ?...
Au début, la chirurgie esthétique apparut au public, par¬
donnez-moi l'expression, comme une véritable galéjade !
beaucoup refusèrent d’y croire ; puis, les plus déshérités, les
plus désespérés se hasardèrent et obtinrent un résultat cer¬
tain, leur permettant de trouver du travail. Ils conseillèrent
10
Chirurgie esthétique
alors à leurs amis d’en essayer. L'idée, puis la réalisation,
firent tache d'huile ; les cas intéressants affluèrent, et je vais
vous lire quelques observations révélatrices, les concernant.
observation i. — Une dame d’environ 60 ans, très distinguée,
ayant eu des traits ravissants, mais disparaissant maintenant sous
les rides, vint solliciter mon concours. Elle était représentant en
objetsde grand luxe. La guerre, puis son apparente vieillesse, l’empê¬
chaient de gagner sa vie. Malgré d’excellentes références, une expé¬
rience et un goût incontestables, lorsqu’elle sollicitait une représen¬
tation, on lui répondait invariablement : « On vous écrira », et
naturellement, on ne lui écrivait jamais ! La misère était grande à
son foyer. J’acceptai de la mettre en état. Une première intervention
fut pratiquée, qui lui rendit tout son courage. Il était d'ailleurs
grand temps, car sa détresse pécuniaire était telle, que le jour ou je
lui enlevai les fils, elle eut une syncope chez moi, et dut m’avouer
qu’elle n’avait rien mangé depuis 48 heures !... Je lui fis servir à
déjeuner, et la réconfortai de mon mieux.
Dès le lendemain, ayant été se présenter dans diverses maisons,
elle obtint un peu de travail dans une de celles ou elle avait reçu
préalablement, le plus dur accueil !...
Je l’opérai trois fois en deux mois.
A partir de ce moment, elle gagna sa vie aussi facilement que
15 ans plus tôt. Elle était si occupée, que pendant trois ans elle ne
put trouver un moment, pour se faire faire la quatrième interven¬
tion que je jugeais nécessaire.
Je la vois fréquemment, et ne puis que constater son extraordi¬
naire jeunesse, à laquelle s’ajoutent une sécurité pour l’avenir et
une certitude de vaincre les difficultés, qui font vraiment plaisir h
voir, et qui constituent la plus belle récompense du chirurgien.
observation ii. — Mme M.. ., 55 ans, femme du monde ruinée
gagnant sa vie en chantant les numéros payés des concerts de cha¬
rité, ne peut plus trouver d’engagements malgré sa splendide voix
et sa notoriété. C’est à peine si on l’accepte gratuitement dans les
hôpitaux pour distraire les blessés.
Fin 1918, allant au plus pressé je l’opère au niveau du menton.
Malgré la cicatrice encore rouge et apparente elle obtient huit jours
Rôle social
II
après un engagement pour deux concerts payés. Je l'opère encore
deux fois en six semaines au niveau de la tempe.
A partir de ce moment elle ne peut répondre aux nombreuses
demandes dont elle est l’objet. Sa vogue dure toujours et pourtant
elle n’a été réopérée qu’en 1924.
observation ni. — M. 15 . 55 ans, marié seulement depuis six
ans et père de quatre jeunes enfants, exerce la profession d’assu¬
reur.
Il remarquait depuis quelques années, la diminution de son
chiiïre d’aiïaires en même temps que grandissait le succès de ses
jeunes concurrents. Père, à l’Age où l’on doit être grand’père, il
vint me trouver, angoissé pour l’avenir de ses enfants.
Opéré trois fois dans les cheveux, au-dessus de l’oreille, n'ayant
pas comme les femmes l’avantage de dissimuler l’opération plus
basse, par des cheveux coi Iles pour la circonstance, il obtint un
rajeunissement très appréciable, dont le résultat ne se fit pas atten¬
dre. Rapidement il retrouva son gain des beaux jours, et ne peut
que se réjouir de mes interventions. Il est d’ailleurs bien décidé à
s’y soumettre chaque année, pour conserver sa tranquillité morale,
et sa jeunesse apparente.
observation iv. — Mme de V ..., 46 ans, cherche un emploi,
abandonnée, ruinée complètement par son mari, alors qu’elle avait
un loyer de 20.000 francs et quatre domestiques à son service.
Ne sachant rien faire de spécial, comme la plupart des femmes
du monde de sa génération, elle trouve, par relations, un poste
d’inspectrice dans un grand restaurant. Un fils de 15 ans, sur le
point de passer son baccalauréat, est à sa charge.
Après un an passé dans ce restaurant, Mme de V.... au moment
des vacances, est demandée à l’administration centrale, où on la
prie, en raison de son évidente fatigue, de prendre trois mois de
repos. La pauvre femme comprend que c’est là, le prélude d’un
renvoi prochain. Un des directeurs, qui était mon client, prend
pitié de sa détresse morale et me l’envoie, bien que n’ayant pas très
grande confiance en cette extraordinaire chirurgie, qui ne lui paraît
pas fort sérieuse, et qu’il s’étonne même sincèrement, de me voir
pratiquer.
La malheureuse créature arrive chez moi, délicieuse encore mal-
12
Chirurgie esthétique
gré ses cheveux blancs et sa face ravagée par les soucis et la dou¬
leur. C'était un excellent cas, et je lui affirmai le succès complet en
deux interventions.
Dès le lendemain nous pratiquions la première, assez bas, en
avant du lobule de l’oreille, pour bien tendre le menton : la pauvre
femme n’en pouvait croire ses yeux, tant elle était affinée !
Elle partit en vacances, confiante en l’avenir, tout à fait récon¬
fortée, de sorte qu’au point de vue santé, elle profita complètement
du repos qui lui était imposé.
Dès son retour, je l’opérai dans la racine des cheveux, pour bien
relever le pli naso-génien, dont l’abaissement lui donnait un air
triste et fatigué. Le jour même de l’opération, elle se présenta
devant ses anciens chefs, le pansement dissimulé sous les cheveux
et le chapeau. Leur stupéfaction fut évidente et la joie de ma
cliente, immense, lorsqu’on lui fit entendre cette admirable phrase :
« Le repos vous a très bien réussi, vous êtes superbe de santé :
« Quand rentrez-vous? » Elle revint de suite m’annoncer la bonne
nouvelle et m’embrassant les mains en pleurant, me dit : « Je les
« tiens...., il me faut dix ans : Quand mon fils sortira du régiment,
« notre situation est assurée. Jusque-là il faut vivre, et maintenant
« je suis sûre de moi... Je me ferai opérer chaque année, pour ne
« plus entendre l'abominable verdict ». Mme de V... a tenu parole,
et depuis trois ans n’a plus été inquiétée !.... Elle n’a d’ailleurs été
opérée de nouveau que cette année.
observation v. — Mlles Germaine et Louise M.... employées de
couture dans une de nos plus grandes maisons, renommées toutes
deux pour leur talent de chef d’atelier, ont acquis une grosse situa¬
tion.
L’aînée, 42 ans, a été opérée par moi, et ne paraît pas 30 ans.
La seconde, 38 ans, n’a pas été opérée, prétendant malgré l’évi¬
dence, et l’exemple de sa sœur, n’en avoir nul besoin.
Mlles M... sont des enfants du peuple ; leur enfance a été difficile,
le milieu où elles ont grandi, insalubre ; leur hérédité, chargée.
Dès 14 ans, elles ont travaillé dans les ateliers, peinant, veillant,
se nourrissant plus ou moins bien.
Quoique jeunes encore, et malgré leur belle situation, acquise par
leur travail, elle > ont cet aspect spécial présenté par beaucoup de
nos ouvrières parisiennes : âge incertain, teint incertain, visage
Rôle social
13
fatigué, frippé, maigreur excessive, accentuant encore ce défraî-
chissement général.
L’aînée ne s’illusionnant pas, s’est fait opérer, alors que la
cadette s’y refusait, se basant exclusivement sur son état civil. Les
demoiselles M... ayant désiré changer de maison, se sont présentées
chez une couturière encore plus réputée que le couturier qu’elles
quittent. La dite couturière, qui a son franc parler, accepte l’aînée
parce que dit-elle, elle ne paraît pas 30 ans, mais demande à voir
l’acte de naissance de la seconde, prétendant qu’après 40 ans, les
femmes sont insupportables, impossibles à diriger, ce qui l’engage
à n’en pas prendre de nouvelles ayant dépassé cet âge.
La pauvre Louise revint chez moi, faisant piteuse mine, me
demandant de l’opérer au plus vite, pendant que sa sœur, mali¬
cieuse, comme toutes nos midinettes, s’amusait follement de l’aven¬
ture.
observation vi. — Mme X.... s’est mariée à 43 ans avec un
grand mutilé de guerre. Un enfant est né de cette union.
Après 5 ans le ménage s’est séparé, la femme conservant l’enfant
mais sa fortune se trouvant réduite des trois quarts par l’incapacité
de son mari et sa mauvaise conduite.
Ces temps derniers elle vient me trouver pour me dire non seule¬
ment quelles difficultés elle éprouvait h obtenir une situation mais
aussi pour me communiquer son émotion à la suite de réllexions
faites par son fils.
— « Maman êtes-vous malade ?
— « Non mon petit.
— « Alors pourquoi avez-vous toujours l’air malade?
Et une autre fois.
— « Pourquoi les autres petits garçons ont-ils des mamans qui
n’ont pas l’air fatiguées, des mamans qui ont des belles joues rondes
et roses? Comme je voudrais petite mère vous voir aussi de belles
joues rondes et roses » !
Peut-on ajouter quelque chose h ce dialogue poignant?
Je pourrais, si je le voulais, relater des observations de
ce genre, en nombre incalculable, mais les six que je
viens de présenter, auront, je l’espère, donné une idée abso-
14
Chirurgie esthétique
lue de l’importance de la chirurgie esthétique, au point de
vue social.
Ainsi que je l’ai déjà dit, au début , nous ri opérions que des
cas de nécessité. Bientôt ils furent suivis de ceux que susci¬
taient uniquement la coquetterie et l'amour de la Beauté.
Actuellement, la chirurgie esthétique est entrée dans les
mœurs : son mauvais temps est passé, et les difficultés sont
aplanies.
Elle a d’abord vaincu les idées bourgeoises, qui la consi¬
déraient presque comme une abomination, puisqu’elle empo¬
chait hommes et femmes, d’accepter l'inévitable déchéance
physique.
La vogue de la chirurgie esthétique a, en outre, incité les
femmes et les hommes à ne pas attendre la décrépitude , pour
s adresser à elle .
Actuellement, nous opérons beaucoup moins de mauvais
cas qu’autrefois alors qu’il fallait souvent plusieurs interven¬
tions pour arriver à un résultat intéressant. En 1919 j’en ai
pratiqué successivement huit sur une Américaine de 55 ans
pour la mettre en état.
La majeure partie des clientes actuelles (environ 70 0/0)
se présente à nous, dès qu’une lassitude des traits apparait,
ce qui permet, en une seule fois, de rendre au visage toute
la perfection de ses lignes.
CHAPITRE H
Plusieurs questions, toujours les mêmes, nous sont posées.
Elles sont donc, du fait de leur fréquence et de leur simili¬
tude, celles qui intéressent le plus, les femmes et les
hommes candidats à la chirurgie esthétique. Je vais essayer
d’y répondre.
A QUEL AGE
DOIT-ON SE FAIRE OPÉRER ?
Je suis bien embarrassée pour donner une précision, et je
peux de suite dire, que j’ai opéré des femmes de 30 ans,
28 ans et même 26 ans !... qui en avaient terriblement besoin,
alors que d’autres femmes de 45 et 50 ans étaient à peine
marquées. La santé, la fatigue et même la configuration
naturelle du visage sont autant de facteurs avec lesquels
il faut compter. Vous pouvez remarquer, par exemple,
qu’un visage rempli, dont les plis naso-géniens sont assez
marqués, appartenant à une personne dont la profession
exige d’être constamment penchée sur un travail manuel ou
autre, se trouve dans des conditions défavorables, accentuant
encore ce pli lourd et pesant du fait de sa configuration
16 Chirurgie esthétique
naturelle. Il est bien évident, qu’un visage mince et maigre,
souffrirait moins de cet état de choses.
La maladie, l’amaigrissement, surtout l’amaigrissement
rapide, sont également des facteurs importants et fréquents
d’affaissement des traits, ce qui fait que pour répondre à cette
première question : « à quel âge doit-on se faire opérer ? »
je suis obligée de renvoyer chaque candidat à son miroir,
en lui souhaitant d’en trouver un, sincère et peu indul¬
gent....
Une de mes clientes, artiste dramatique, a commencé à se
faire opérer à 33 ans, alors qu’elle n’en avait réellement pas
besoin apparemment. Je ne pouvais me résoudre à déférer à
son désir. Elle insista énormément, me disant son regret de
n’ètre plus aussi line qu’autrefois, de ne plus avoir une peau
aussi belle.... Je finis par céder, bien à contre-cœur, mais
aussitôt l’opération terminée, je dus honnêtement reconnaître
qu elle avait tout à fait raison, et que l’intervention lui avait
donné une perfection de lignes et un velouté du grain de la
peau, que je ne lui connaissais pas. Souhaitons à tous une
aussi exceptionnelle clairvoyance !
CHAPITRE III
COMBIEN DE TEMPS
DURE LE RÉSULTAT OPÉRATOIRE ?
La deuxième question encore plus épineuse que la précé¬
dente est celle-ci : Combien de temps dure le résultat opé¬
ratoire ?
La encore je suis embarrassée, puisque la qualité de la
peau, la santé, la fatigue, jouent un très grand rôle. J’ai des
clients qui ont ete opérés en 1918 et qui viennent seulement
de recommencer, en ayant à peine besoin. D’autres, au con¬
traire, voient la distension de la peau se reproduire assez
rapidement, et sont obligés de se faire opérer tous les deux
ans.
J’ai une femme de 50 ans exerçant la profession de man¬
nequin, d’une santé extrêmement délicate, souvent arrêtée
dans son travail par de fortes poussées de température, qui,
systématiquement, se fait opérer tous les ans afin de ne pas
changer. 11 y a peu de mannequins exerçant encore celte
profession à cet âge, et je dois dire que dans la maison où
elle travaille, on ne le soupçonne pas et qu’il n’en est jamais
question, ce qui est un grand réconfort pour elle.
Donc, là encore, il faut savoir être clairvoyant et juger soi-
même.
18 Chirurgie esthétique
Le grand grief fait à la chirurgie esthétique est celui d’être
obligé de recommencer les interventions.
Ceux qui formulent ce reproche ne réfléchissenl pas une
seconde.
Dans le domaine de tout ce qui est frappé par les années
et pouvant être réparé où peut-on trouver un résultat défini¬
tif et se maintenant satisfaisant ?
Les dents ont besoin de soins constants et répétés.
Les yeux ont besoin de changements de verres.
Les cheveux blanchis et teints ont besoin de fréquentes
applications.
Le corps tout entier ne peut conserver sa souplesse mal¬
gré l’Age que par des exercices répétés, réguliers, astrei¬
gnants.
Pourquoi le visage opéré bénéficierait-il d’un régime par¬
ticulier ? La chirurgie esthétique serait vraiment trop favori¬
sée et sans prétendre, comme un grand esthétiste anglais l’a
dit à moi-même, qu'il faille recommencer l’opération tous les
\ mois, il est de toute évidence qu’une nouvelle distension
des téguments appelle une nouvelle opération.
CHAPITRE IV
PSYCHOLOGIE
a) Psychologie de l’entourage des opérés
La psychologie de l'entourage des opérés est une chose
des plus intéressantes a observer. Llle varie suivant les
continents et même les différentes nations.
coti: masculin. — Ici je suis obligée, bien à regret, de faire
un parallèle entre les maris étrangers et les maris français.
L’Américain est heureux d’amener sa femme chez le chi¬
rurgien, de penser qu'elle va retrouver toute sa beauté.
L’est avec joie et insistance qu’il la pousse à se faire opé¬
rer. Il demande le plus souvent à assister à l’intervention
pour pouvoir prodiguer a sa femme les encouragements et
discuter avec moi du meilleur emplacement à adopter.
L Anglais partage la même manière de voir que l’Améri¬
cain mais il assiste rarement à l’opération.
Vax Italie, en Espagne, 50 0/0 des femmes qui se font
opérer le font avec l’assentiment de leurs maris aussi embal¬
lés qu’elles par les résultats.
Dans les pays du Nord 1 indillércncc la plus absolue règne
du côté masculin. Les femmes ont toute liberté d’action et
se font opérer ouvertement sans rencontrer ni difficulté
ni enthousiasme au point de vue conjugal.
20
Chirurgie esthétique
Les maris français au contraire, lorsqu’on parle de chi¬
rurgie esthétique devant eux, se hérissent littéralement très
inquiets de voir leur femme désirer conserver sa beauté.
C’est en France, de même que pour le vote, que les
femmes ont le plus de difficulté à avouer ouvertement leur
désir de rester jeunes.
Les parents de l'entourage raisonnent de même, le plus
souvent.
Moralité : Les femmes se font opérer et ne le disent pas.
côté féminin. — Au contraire toutes les femmes quelle que
soit leur nationalité sont ravies de voir leurs maris décidés
à l’opération pour eux-mêmes.
Sont-elles parfaitement sincères ?
S’agit-il d’une « finesse », d’une « malice » volontaire pour
s’assurer la possibilité de se faire opérer plus facilement
ensuite et sans récriminations ?
Je n ai pas encore pu résoudre la question mais l’évidence
est là.
L) Psychologie des opérés
Les opérés eux, bénéficient toujours de l'intervention. En
effet celle-ci répare les méfaits de l'Age, de la fatigue, de la
maladie.
Elle permet, ainsi que nous l’avons vu, à ceux qui ne pou¬
vaient plus travailler en raison de leur apparence fâcheuse
de retrouver une vie normale ou presque normale.
C’est donc un immense réconfort, une immense sécurité.
La transformation est instantanée. Aussitôt l’opération ter-
Caractères psychologiques
21
minée et même dès le premier côté réparé le patient reprend
courage et gaîté.
Les photographies révèlent le plus souvent cet état d’âme.
La confiance renaît immédiatement et de ce fait la vie
devient plus facile. Les vicissitudes sont mieux acceptées
puisqu’elles ne sont plus constantes et incessantes. La
fatigue elle-même est mieux supportée puisqu’elle ne laisse
pour ainsi dire plus de stigmates apparents et que celui qui
la ressent n’a qu’à s’observer dans un miroir pour en être
certain.
J’ai vu de pauvres déshérités passer du jour au lendemain
de la neurasthénie la plus aiguë à l’euphorie la plus
complète.
La confiance est telle, qu’au cours de l’opération, l’opéré
ayant pu voir la différence entre le côté traité et celui qui
reste à traiter, parle invariablement de F opération qu'il se
fera faire plus tard.
Ceci est très caractéristique, la première intervention
n’étant même pas terminée.
Rien n'a plus de prise sur les adeptes de la chirurgie
esthétique, puisqu’ils savent qu’il est facile de réparer tout
ce qui peut leur arriver de fâcheux. Il en résulte une séré¬
nité vraiment émouvante.
N’est-ce pas là un rôle magnifique dévolu à la chirurgie
esthétique et pour ce splendide résultat moral ne doit-elle
pas être respectée et même préconisée par tous.
OPÉRATIONS
CHAPITRE /
DÉCISION D'UNE OPÉRATION
Quand un sujet, homme ou femme, vient me consulter,
nous commençons par déterminer ensemble la place de
l’opération.
J’ai un principe absolu, quant à la place de l'intervention,
c'est celui de la cicatrice dissimulée . Nos maris el nos parents
— jusqu’à changement de mœurs — devant ignorer notre
réparation il est donc préférable de faire deux interventions
cachées, plutôt que de recourir à une cicatrice visible.
A l’aide de pinces de métal que j’ai imaginées, garnies de
caoutchouc pour en atténuer la dureté, je forme un pli qui
montre au patient le résultat exact qu'il obtiendra. Suivant
\scs désirs, nous pouvons en modifier la direction, la forme
et l'importance.
La place étant bien déterminée, j’applique dans la région
un gabarit, destiné à permettre de tracer le patron du mor¬
ceau à'réséquer.
En général, je découpe, dans du papier, le modèle de ce
patron et je le confie à l'intéressé, lui conseillant de l’appli-
24 Chirurgie esthétique
quer, une fois rentré chez soi, de l’entourer d’un trait de
crayon, et de faire des essais de pincement très exacts avec
les doigts devant une glace à trois faces. Le 'résultat est
infaillible : le patient choisit toujours remplacement le plus
osé, puisqu’il a eu le temps de se rendre compte de son effi¬
cacité. Ceci est une malice que je conseille à tous ceux qui
veulent faire de la chirurgie esthétique.
Le jour de l’opération tout est donc décidé, il n’y a plus
qu’à travailler.
Le patient est allongé, chez moi, dans une petite salle
ripolinée, sur une table d’opération, les jambes bien enve¬
loppées dans une couverture, pour éviter le refroidissement.
Chaque oreille est munie (Lun peu d’ouate, empêchant le
sang et la sérosité d’en souiller le conduit. Après les précau¬
tions d’usage, habillage du chirurgien et de ses aides, désin¬
fection des mains, on procède au nettoyage de la région à
l’alcool ou à l’éther, suivant les préférences de l'opéré.
La racine des cheveux et la région temporale située en
avant de l’oreille sont des endroits que je déclare « de béné¬
diction ».
Dans les cas moyens, habituels, il est possible en prati¬
quant l’intervention à ce niveau, de remédier à des bajoues
déjà importantes, et à un pli naso-génien déjà plus accentué.
80 0/0 des opérations esthétiques ce font à ce niveau.
Nous verrons plus tard les raisons qui font choisir d’autres*
endroits et nous montrerons des opérations dans ces régions
respectives.
CHAPITRE II
EXPOSÉ DES OPÉRATIONS
A. — OPÉRATION AU NIVEAU DE LA TEMPE
(Cicatrice dissimulée)
Les cheveux sont d’abord rasés près de l'oreille sur une
largeur de 1 cm. 1/2 environ ( fuj . I). Ils repousseront très
bien et cacheront entièrement la cicatrice ou seulement une
majeure partie de celle-ci, suivant l’importance de l’opéra¬
tion.
Ensuite, à l’aide des pinces munies de caoutchouc placées
de nouveau sur l’emplacement choisi, on détermine l’impor¬
tance et la direction du lambeau (fig. 3).
Un gabarit est ensuite appliqué. Celui-ci peut être une
ellipse plus ou moins renflée, plus ou moins effilée, un crois¬
sant à pointes inégales, une ellipse dont la partie inférieure
est rendue horizontale ou encore comme sur la figure S , une
sorte de palme, à pointe supérieure recourbée, rappelant la
forme des patinettes tissées sur les beaux tapis persans, en
particulier, sur les tapis de Siné. Cette pointe recourbée a
une énorme importance, puisqu'elle empêche la boursouflure
qui peut se produire au bout de la pince, lorsque la résection
est un peu large. J’ai beaucoup cherché avant de trouver
cette solution épineuse.
28
Chirurgie esthétique
Le gabarit étant appliqué, bien maintenu d une main, de
l'autre, je peins le vide qui se trouve à l’intérieur du contour
et qui représente la partie à enlever (ficj . 4). Pour cela
j’emploie un mélange spécial d’ichthyol, d’iode et d’huile,
ayant abandonné de suite le bleu de méthylène, qui m’a
été attribué dans divers articles, dont les auteurs, mal infor¬
més, ignoraient que j’avais délaissé cette préparation dès le
début de son emploi, en raison des inconvénients qu’elle
présentait. Le plus sérieux était le tatouage possible des points
de suture.
Mon patron étant bien tracé d’un côté, j’applique sur la tête
de l’opéré un petit craniomètre de mon invention, avec
lequel il est facile d’obtenir une symétrie parfaite du second
côté (fig. 5). Ceci est une des plus grandes diflicul tés de
l’opération, et cette symétrie obligatoire n’est pas toujours
bien réalisée par les esthétistes.
Les deux patrons étant peints, à l’aide de colloplaste je
fixe les cheveux qui pourraient me gêner (fig. 6).
J’entreprends alors l’anesthésie locale. Cette anesthésie est
pratiquée à l'aide de l’adrénesthésique Clin, produit qui m’a
donné les meilleurs résultats. Je prépare deux capsules de
porcelaine stérilisées au Poupinel; dans chacune je fais
verser la quantité que je consacre à un côté, c’est-à-dire
10 centimètres cubes environ de syncaïne à 1/200 auxquels
je fais ajouter 2 à 3 gouttes d’adrénaline, dose suffisante per¬
mettant d’éviter les grands saignements, mais surtout n’ame¬
nant pas la vaso-dilatation qui suit la vaso-constriction trop
énergique.
Cet inconvénient pourrait mettre dans l’embarras les
opérés, qui ne sauraient comment expliquer dans leur entou¬
rage, le suintement sanguin traversant le pansement. La
Figure 6
30
Chirurgie esthétique
difficulté est un peu plus grande pour l'opérateur, mais elle
11e compte pas, mise en parallèle avec la tranquillité qui est
assurée au patient. A cette dose l'adrénaline n’a pas de mau¬
vaise influence sur la cicatrisation, ce qui pourrait se pro¬
duire si 011 la doublait ou la triplait, ce que j ai vu faire quel¬
quefois. A l aide d’une aiguille extrêmement fine, je fais
pénétrer lentement sous la peau, quelques gouttes du
liquide ( fig . 7). L'endroit étant insensibilisé, je pousse l'anes¬
thésique en nappe dans la région, en dépassant largement
mon tracé de manière à pouvoir élargir mon patron, si je le
juge nécessaire, ce qui est très rare d'ailleurs, mon habitude
des mesures prises à l’avance, étant très grande.
Une fois la syncaïne introduite, et quelques minutes étant
écoulées pour laisser 1 effet se produire, à l'aide d’une grande
aiguille, je tête en piquant légèrement, la sensibilité de la
peau (fig - S )- Si le malade me désigne des points moins bien
anesthésiés, je remets un peu de liquide, je recommence
ensuite mon essai, et ainsi de suite jusqu'à complète insen¬
sibilité. Je place une compresse sur la région, et je prépare
de même le second coté.
L’insensibilité étant bien assurée, j’entoure la tête d'un
champ stérilisé, puis je place un grand champ fendu laissant
seulement la région à opérer à découvert.
Beaucoup de personnes demandent à conserver la libre
disposition de leurs yeux et de leur nez, ce à quoi je consens
facilement, tous mes opérés étant vraiment d'une sagesse
extraordinaire.
Je reproche seulement, aux Françaises et aux Italiennes,
d'être trop bavardes, aux Anglaises et aux Américaines, de
trop fumer pendant l'opération, pour se distraire.
Par contre, plusieurs personnes ont dormi pendant qu’on
Figure 7
Figure 8
32 Chirurgie esthétique
opérait le second côté, rassurées par la bonne marche de
l’opération du premier côté.
A plusieurs reprises, des opérées m’ayant demandé une
anesthésie générale, je l’ai pratiquée, mais il faut reconnaître
que la plupart préfèrent conserver leur entière lucidité et la
possibilité de rentrer chez elles sans être incommodées par
les nausées.
Les champs étant placés, mon aide à mes côtés, les infir¬
mières servant l’opération à leur poste, je commence 1 inci¬
sion (f ig. 9).
J’estime qu’elle doit se faire d’un seul coup de bistouri
malgré la sinuosité du dessin, à la manière du pouce qui
indique un trait de modelage. Je dois dire que c’est un des
gestes les plus élégants que je connaisse en chirurgie. Sa vue
impressionne toujours les assistants. Penser que c est un
visage dans lequel on taille avec cette désinvolture sans néces¬
sité de santé, et que cette élégante incision va décider de tout,
est assez émotionnant. Le chirurgien sent le pelit frisson
d’émoi qui passe dans l'assistance, et pour ma part, à ce
moment précis, je rends grâces à celui ou à celle qui, allongé
devant moi avec la plus tranquille confiance, remet entre mes
mains, la destinée de sa beauté.
L’incision étant tracée, je dissèque avec soin les extrémités
de mon lambeau, je soulève progressivement celui-ci, et une
partie de la graisse sous-jacente (fig. 10). Ici l’expérience
montre que si on enlève trop de graisse en profondeur on a
une dépression, si au contraire on rase la peau de trop près
il se produit des boursouflures.
Le lambeau détaché, l’aide étanche soigneusement la
sérosité qui s’est produite.
Rapidement, avec deux pinces, toujours garnies de caout-
Figure 40
34
Chirurgie esthétique
cliouc, je ramène les deux bords de la plaie l’un près de
l'autre. Si je juge la tension un peu forte, je débride légère¬
ment du côté de la face , et seulement à la partie inférieure de
la plaie , de manière à ne pas influencer la forme des yeux,
beaucoup de femmes accusant, pour cette raison, les estlié-
tistcs de faire des Chinoises.
Au sujet du débrideraient, je proteste énergiquement contre
l'abus qui en est fait. J’ai vu des esthétistes étrangers causer
devant moi et de ce fait, d’énormes hématomes laissant la
patiente presque négresse pendant deux mois, ne sachant
que dire dans son entourage terrifié, pour expliquer ce phé¬
nomène. Dans le cas présent d ailleurs une suppuration s’est
produite, obligeant à une contre-incision à l’angle de la
mâchoire et à la pose dun drain.
A l’occasion d’un débrideraient trop important, j’ai observé
encore une parésie des plus visibles.
La réunion des deux lèvres étant chose certaine et vérifiée
je commence à passer les crins.
Ceux-ci sont des crins moyens et blancs (fig. If) que je
fais préparer spécialement. Parmi eux, mon aide choisit soi¬
gneusement les plus fins pour les extrémités, conservant les
plus forts pour l’endroit où la tension est la plus intense. A ce
moment je ne prends jamais les bords de la plaie avec une
pince. Je les pousse avec l’index de manière à les conserver
absolument intacts ce qui assure une meilleure cicatrice.
Le plus souvent je passe d’abord tous mes crins ce qui donne
l’aspect de la fignrr 1$.
Quelquefois, je passe les crins et les noue au fureta mesure.
Cela dépend des tissus, de la tension, de mille détails que
l’expérience enseigne.
A mesure que les crins sont noués ( fig . 13)y il faut affronter
36 Chirurgie esthétique
le plus parfaitement possible les deux lèvres de la plaie, les
bords de celle-ci devant être adossés avec le soin le plus
minutieux. La plupart du temps, j'emploie le point séparé
simple à double nœud. Quand il y a beaucoup de tension,
j'emploie le point suédois, qui me rend de très grands ser¬
vices et réalise un affrontement parfait. Si je ne l'emploie
pas pour tous les points de la suture, c'est qu’il est double, et
de ce fait marque un peu plus quand il est enlevé.
Les points faits, il est nécessaire d'examiner chaque inter¬
valle, de manière à placer quelques points que j'ai appelés
« de luxe » s’il y avait le plus léger écartement. Dans ces
intervalles, le crin doit être extrêmement fin, à peine serré,
puisqu’il s’agit d'un simple perfectionnement.
La suture étant terminée (fig. Il), épongée, nettoyée, cà
l’éther puis à l’alcool, nous avons un aspect des plus agréa¬
bles. On a l'impression très nette quand on voit une suture
aussi propre, aussi bien affrontée, que le résultat est assuré.
Lorsque les patients sont très nerveux ou surtout très
curieux et que je suis presque certaine qu’ils décolleront le
pansement pour voir l'effet produit, je ne coupe pas mes fils,
je place sur la plaie une petite compresse roulée comme une
cigarette et par-dessus laquelle je les noue de nouveau
réalisant « le bourdonnet ». Le plus souvent, j’applique un
petit bout de mèche Tétra dont je coupe la lisière pour qu'il y
ait une petite frange de chaque côté ( fig . 15).
•l'applique cette petite mèche et sur la frange je coule de
chaque côté un mince filet de collodion (fig. 16).
J'ai ainsi un pansement léger, très adhérent, à travers
lequel la plaie est aérée, long d'environ 5 centimètres sur 1,5
de large (fig. 11).
Je coupe l’excédent de ce pansement à chaque extrémité.
Exposé des opérations
39
Ce pansement est donc très facile à dissimuler sous les che¬
veux. Pour le dissimuler encore mieux, je le badigeonne avec
une mixture de ma façon, différente selon qu'il s’agit de che¬
veux blonds, bruns ou noirs. Le pansement, de ce fait, passe
complètement inaperçu.
Le premier côté termine, une glace est offerte à la malade
pour qu elle puisse constater la différence entre les deux
côtés, opéré et non opéré, et c’est un moment des plus
agréables que de voir alors l'étonnement émerveillé de
l'opérée et des personnes présentes.
Le second côté étant tout prêt (fig. 18), puisqu’il a été
cocainé à la suite du premier, on procède pour lui de la
même manière que pour le précédent (fig. 19).
Tout étant alors terminé, la malade se recoiffe.
Elle prend ensuite une tasse de café (fig. 20), nul n’étant
admis chez moi à goûter avec les personnes présentes, que
tout à fait en beauté. Le patient regagne ensuite son domicile
ou fait ce qu’il a à faire, sans s’écouter. Le soir, il dîne
avec les siens, qui le complimentent sur sa bonne mine.
Une femme médecin serbe, fut opérée par moi, un soir à
(> heures, en toilette de soirée, puisqu’elle dînait à l’ambas¬
sade à 8 heures. Elle eut un succès éblouissant, tous les
invités qui la connaissaient attribuant sa plus parfaite beauté
à l'admirable robe qu’elle portait. Le lendemain, elle partait
pour Vienne, d'où son mari médecin également, me télé¬
graphia quelques jours après : « lils enlevés par moi, résul¬
tat merveilleux. Reconnaissance absolue ».
Habituellement, pour que le changement puisse passer tout
à fait inaperçu je conseille une petite modification dans la
coiffure ou l'achat d'un nouveau chapeau, ceci suffisant à
expliquer l’amélioration survenue.
Figure 49
Figure 20
42
Chirurgie esthétique
Je ne saurais trop recommander lorsqu’il est possible de
bien surveiller les opérés de recourir au procédé décrit par
le Dr R. Blondel dans sa communication à la Société Théra¬
peutique sur le « Traitement des cicatrices par l’alcool
à 95° » (15 nov. 1896).
Soit à nu, soit même à travers la gaze qui recouvre la
suture, celle-ci est lavée matin et soir à l’alcool à 95°. De ce
lait elle est parfaitement dégraissée, ce qui empêche toute
infection et donne une cicatrisation encore plus parfaite.
Aussitôt le lavage, éventer la région pour faire évaporer
l’alcool le plus vite possible.
En général, quatre jours après l'intervention, j’enlève les
lils des extrémités. Le 6e jour, un point sur deux des points
restants, et le 7n les derniers lils. Rarement le 8e jour est
dépassé. Je laisse ensuite pendant deux jours une bande de
gaze de plus en plus réduite, peinte comme je l’ai expliqué,
et soutenue par du collodion également teinté. La patiente
peut enlever elle-même cette petite « bande de prudence »
comme je 1 appelle, ou venir la faire décoller par moi. Tout
est terminé a la satisfaction générale. Les résultats sont tels,
que je suis obligée de refuser beaucoup d’interventions à
des femmes déjà opérées, celles-ci, en particulier les Améri¬
caines, ne pouvant plus supporter la plus petite imperfec¬
tion.
Je vais montrer maintenant quelques sujets, pour pouvoir
comparer les photographies prises avant et après l’inter¬
vention. Ces photographies sont sans retouches , prises par le
photographe de 1 hôpital Saint-Louis, M. Schaller, et d’après
le procédé dit bertillonnage : elles sont donc d'une honnê¬
teté et d’une véracité indiscutables.
Deuxième sujet avant ; après 2 interventions (tempe et front).
troisième sujet avant ; après 2 interventions (tempe et nuque).
Quatrième sujet avant ; après 4 interventions
(tempe [2 fois], nuque, cou en arrière).
Exposé des opérations
49
B. - OPÉRATION AU NIVEAU DE LA NUQUE
(Cicatrice dissimulée)
Pom- faire disparailre 1rs plis du cou, ceux-ci étant hori¬
zontaux, la meilleure intervention est celle pratiquée dans le
cuir chevelu au niveau de la nuque. Un rideau de cheveux
est ménagé pour rendre l'opération invisible.
C. — OPÉRATION DANS LA RÉGION CERVICALE EN ARRIÈRE
INCISION VERTICALE
(Cicatrice visible)
Lorsque les plis sont très obliques en haut et en arrière
il est nécessaire parfois d enlever verticalement un énorme
lambeau. Liiez 1rs femmes maigres il ne reste aucune ron¬
geur, aucune trace (le cette intervention (fty. 30 et 31).
D. — DÉTACHEMENT DU LOBULE DE L’OREILLE
(Cicatrices dissimulées)
I) apres une statistique personnelle très imparfaite, le
lobule de l’oreille est attaché dans toute sa hauteur au tissu
sous-jacent dans 30 0/0 des cas environ. Il en résulte un
NOËL.
4
Fig. 30. — Lambeau enlevé.
Fig. 31. — Suture terminée.
54
Chirurgie esthétique
déplacement disgracieux de l’oreille en arrière lorsqu’on pra¬
tique des interventions larges au niveau de la nuque, du cou
ou celle plus rare à cicatrice située derrière l’oreille. Dans
quelques cas meme et toujours lors d’interventions impor¬
tantes au niveau de la tempe, le lobule est transporté légère¬
ment en haut et en avant. On peut éviter cet inconvénient en
pratiquant le détachement complet du lobule.
Dans un premier temps on taille un lambeau en forme
d’ellipse à charnière verticale médiane correspondant à
l attache du lobule (fig. 3$), on détache soigneusement
celui-ci.
Dans un deuxième temps on habille le lobule avec le lam¬
beau elliptique en suturant finement à la soi a (fig. 33 a).
Dans un troisième temps on rapproche les lèvres de la
perte de substance obtenue par la résection du lambeau
elliptique, on suture finement, également à la soie (fig.33b).
Le lobule abaissé, si l’intervention a été bien calculée, elle
est absolument invisible.
E. — OPÉRATION EN ARRIÈRE DE L’OREILLE
(Cicatrice visible)
Je l’emploie rarement recherchant toujours les cicatrices
complètement dissimulées, ce qui n’est pas toujours possible
dans cette région si les cheveux sont tout à fait relevés et les
oreilles incomplètement appliquées ( fig. 34 et 35).
Cette intervention peut compléter heureusement une opé¬
ration au niveau de la tempe, en particulier chez les sujets
très maigres et très abîmés. Les deux interventions peu¬
vent être laites à quelques jours d’intervalle.
56
Chirurgie esthétique
Lorsqu'il y a une grande différence de courbure entre les
deux bords de la plaie, il est bon de faire au niveau de la
grande courbure deux petites pinces. Les placer le plus haut
possible et même dans les cheveux s’ils sont plantés suffi-
samment bas.
Suturées à la soie 00 elles sont à peine visibles.
Voir figure 41 la mise en place de l'incision.
F. — AUTRE OPÉRATION AU NIVEAU DE LA TEMPE,
INCISION EN CROISSANT
(Cicatrice dissimulée)
Certaines personnes désirent conserver intégralement la
pointe d’implantation des cheveux lorsque celle-ci est
parfaite. Il faut alors employer une incision extrêmement
courbe (fig. 36) contournant cette implantation. Pour la
suture ou bien on pratique des pinces comme dans l’opéra¬
tion précédente (fig. 37) pour égaliser les deux courbures,
ou bien on forme à chaque extrémité un croche! portant sur
la courbure interne et allongeant celle-ci ; on évite ainsi
les froncés (fig. 38).
V oir figure 40 pour la mise en place de l’incision.
G — OPÉRATIONS POUR LA PATTE D'OIE ET LES RIDES DU FRONT
Pour corriger la patte d'oie on peut encore faire de petites
interventions au niveau de la tempe très haut dans les
cheveux. La forme du lambeau est en général ellip¬
tique (fig. 39*).
Exposé des opérations
57
Pour les rides du front on prélève un lambeau dans le
cuir chevelu mais cette intervention demande un large décol¬
lement avec possibilité d ecchymose dont le patient doit être
averti d’avance. Ces ecchymoses s'effacent en général en
8 jours (fi g. 39b).
11 faut également prévenir les patients que les plis verti¬
caux ou horizontaux du front se reproduiront s'ils sont dus à
un froncement volontaire de la région et si la volonté n'inter¬
vient pas pour corriger cette mauvaise habitude, avant
l'intervention.
H. - OPÉRATION AU-DESSUS DE L’OREILLE
LAMBEAU HORIZONTAL A CICATRICE DISSIMULÉE
Lorsque le visage est peu affaissé il est possible en tail¬
lant au-dessus de 1’oreille, dans le cuir chevelu, un lambeau
horizontal assez important d'obtenir un rajeunissement
général (lu visage d’autant plus agréable que la cicatrice de
cette intervention est absolument invisible.
Laisser les fils en place une dizaine de jours (fig. 40).
I. — OPÉRATION DITE EN « ACCROC »
AU NIVEAU DE LA TEMPE
On peut, dans certains cas et surtout lorsque la peau est
très élastique faire une incision que j’appelle « en accroc ».
Celle-ci peut former soit un angle droit, soit un angle obtus,
suivant les défectuosités que l’on voudra corriger au niveau
de l'angle de l’œil (fig. 41).
58
Chirurgie esthétique
Un décollement étant pratiqué dans le sens des flèches,
avec une pince on tire en haut et en arrière sur l’angle
décollé, on voit facilement la portion à réséquer; lorsque cette
résection est bien faite les bords verticaux doivent s'affronter
absolument ; il suffit d'un seul point à la soie 00 pour les
maintenir. En général l'incision verticale est de ce fait abso¬
lument invisible.
Il est bon de faire cette intervention à découvert, c’est-à-
dire le visage non cache par des champs. Le plus souvent il
est nécessaire de réséquer une partie de l’angle adhérent
et el'en réunir les lambeaux pour rendre l’opération plus
parfaite (fuj 41*).
J. — VASTE INTERVENTION
COMPRENANT A LA FOIS L’INCISION CIRCULAIRE
PRATIQUÉE DANS LE SILLON RÉTRO-AURICULAIRE
ET L’OPÉRATION DE LA NUQUE
Elle est d’une très grande efficacité pour tendre le dessous
du menton et le cou lorsque ceux-ci sont le siège d'impor¬
tantes défaillances. Les deux interventions qui ont été
décrites séparément sont réunies par une incision horizon¬
tale placée dans le cuir chevelu. Voir le schéma figure 40.
K. — OPÉRATION AU NIVEAU DU MENTON
(Cicatrice verticale visible, puis horizontale dissimulée, dans le pli)
Au niveau du menton lorsque celui-ci est composé d’une
graisse dure et compacte il faut recourir à une intervention
directe.
Cinquième sujet, avant.
Cinquième sujet, après intervention au niveau de la tempe.
Cinquième sujet, au cours des interventions verticales.
Cinquième sujet, après mise en place horizontale de la cicatrice.
62
Chirurgie esthétique
On procède sur la ligne médiane à l’ablation d’ellipses
verticales. Il faut 3 à 4 semaines entre chaque intervention.
Dans un dernier temps on ramène la cicatrice en position
horizontale. Elle est de ce fait aussi dissimulée que possible
dans le pli naturel du menton.
Après quelques semaines elle devient pâle et invisible.
Quelquefois, sur la ligne médiane il se produit un petit
point chéloïdien que Ton retouche facilement et avec succès
à lélectrolyse.
L. — INTERVENTION SUR LES PAUPIÈRES DITE DE LA POCHE
DES YEUX
Cicatrice curviligne non dissimulée
A 1 aide de petites pinces en argent du type serre-fines à
3 dents, je délimite la poche à opérer ( fuj . 46).
Ce temps de 1 opération est le plus délicat. Il faut éverser
très légèrement les paupières pour avoir un résultat parfait.
Les pinces étant placées, on pratique l'anesthésie locale,
puis avec des ciseaux d une main, les pinces étant soulevées
de 1 autre main, on coupe le morceau de peau circonscrit
dans les pinces qui doivent rigoureusement se toucher
(fiff- 47).
Lorsque les serre-fines ont été bien placées on doit obtenir
une perte de substance à bords excessivement nets, sans
dentelures ni bavures (fuj. 48).
11 reste à suturer.
I our cela j emploie de la soie double zéro, une aiguille
(Imite ou courbe et un dé à coudre ordinaire, stérilisé au
Figure 40
Figure 47
— - —
66 Chirurgie esthétique
Poupinel. .le ne sais si ma qualité de femme me fait préférer
ce système à tout autre, mais il me semble que les orifices
traversés par l'aiguille sont moins tiraillés que lorsque celle-
ci est poussée à l’aide d une forte pince.
J’ai toujours obtenu une suture parfaite (fuj. 19 et 50).
Je place un très petit pansement, et j’enlève les fils au
bout de deux jours (jirj. 51). Il faut très peu de temps poul¬
ie complet effacement de toute trace d opération.
Septième sujet, avec les fils, yeux fermés.
Septième sujet, après 15 jours.
Fig. 53. — Après un mois.
Figure 56
CHAPITRE IV
EMPLOIS DIVERS
DE LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE
La chirurgie esthétique n’est pas seulement employée pour
le redressement des traits altérés.
Je l’ai souvent employée pour :
a) Faire disparaître entièrement des cicatrices vicieuses
survenues à la suite de grands accidents d'automobile ou à
la suite de suppurations ganglionnaires.
b) Des taches dites de vin, des taches brunes recouvertes
ou non de poils, ou nævi ( fig . 5<V, 59 et 60) ;
c) Enlever de vastes cicatrices de brûlures (fig. 67 J;
d) J’ai pratiqué d’élégantes interventions au niveau des
bras pour en diminuer le volume, la cicatrice étant invisi¬
ble quand elle est bien calculée (fig. 62) ;
e) J’ai redressé des seins défaillants mais là les cicatrices,
sauf celles de sillon inférieur ne peuvent être bien dissimu¬
lées quelle que soit la méthode employée. Je les ai bien
atténuées et même quelquefois fait disparaître par un
tatouage brun ou chair, ouvrage de finesse et de patience en
employant le procédé de Dufourmentel ;
f) De préférence à tout autre moyen j’ai employé la chi¬
rurgie esthétique pour le délai ouage de malheureux jeunes
Figure 58
Ablation de nævus avec éléments pulsatifs situés sous le sein d’une Fillette.
Figure 59
Ablation de nævus situé derrière l’oreille chez un enfant.
Nævus brun.
l;n an après l'opération .
Figure 60
Figure 02
Figure 04
Figure G3
Ablation de tatouage.
Emplois divers 79
gens qui un jour d’ennui ou d’ébriété au régiment ou aux
colonies, se sont laissé orner de dessins plus ou moins diffi¬
ciles à porter.
Or, par les procédés actuels de détatouage on transforme
en dessins blancs les dessins de couleur. Si on les déforme
volontairement c est un supplément de douleur pour le
patient.
Lorsque la chirurgie esthétique peut intervenir on obtient
un gros avantage de temps et le résultat final est meil¬
leur (fi. g. 68).
g) Au niveau des paupières on peut encore soulager les
malades atteints d’entropion et dont les cils balaient con¬
stamment la conjonctive amenant des inflammations et des
suppurations pénibles.
On peut supprimer le xantélasma.
h) Au niveau des oreilles, par la chirurgie esthétique il est
possible de les appliquer contre la boite crânienne lors¬
qu'elles font le désespoir de leur propriétaire par leur décol¬
lement (fig. 64).
i) O11 peut encore citer les foyers de mycoses et toutes
les petites tumeurs de la peau comme pouvant bénéficier de
la chirurgie esthétique.
CONCLUSIONS
J’espère avoir, dans ce travail, fait comprendre toute
l'importance de la chirurgie esthétique au point de vue
social et scs différentes indications.
C’est une chirurgie qui peut paraître facile, mais elle est
pleine d'embûches.
Elle nécessite une sûreté de technique absolue, une
grande justesse de coup d’œil et surtout un goût absolument
impeccable, ce qui n’est pas une chose si commune.
Il est donc nécessaire que ceux qui feront cette chirurgie
sans guide et sans longue préparation préalable soient d une
extrême circonspection s’ils ne veulent pas courir a des
désastres.
APPENDICE
INSTRUMENTS NÉCESSAIRES
POUR UNE OPÉRATION DE CHIRURGIE ESTHÉTIQUE
1 crâniomètre du I)r Noël.
3 pinces cutanées du I)r Noël.
2 grands bistouris.
2 aiguilles à suture intestinale, très fines, a peine ceintrées, dorées,
d environ 4 cm. 3/4 du manche à la pointe.
3 gabarits en forme d’ellipses très effilées, du l)r Noël.
3 gabarits en forme d’ellipses assez renflées, du J)r Noël.
2 gabarits en forme d’ellipses, recourbées a une extrémité, du
Dr Noël .
I gabarit en forme d’ellipse, recourbée à une extrémité et très
élargie h l’autre extrémité, du Dp Noël.
1 grande pince pour servir l’opération.
I paire de ciseaux droits moyens.
1 paire de ciseaux droits petits.
4 pinces pour champs.
6 serre-fines à trois dents.
2 petites pinces à griffes.
6 pinces hémostatiques.
1 paquet de 6 aiguilles courbes assorties.
1 paquet de G aiguilles droites assorties.
1 pince à aiguille.
1 dé.
2 capsules de porcelaine de 13 cc. environ chacune.
I très bonne seringue de 2 cc.
6 aiguilles d’acier assez longues pour l’anesthésie locale.
G aiguilles d’acier très fines pour le début de l’anesthésie.
Quelques petits bâtonnets pour la peinture du lambeau et du pan¬
sement.
Ces instruments ont été réunis en un coffret spécial par la Maison
Drapier.
.NOËL.
(i
TABLE DES MATIÈRES
Pages
Introduction . 5
GÉNÉRALITÉS
Chapitre premier. — Rôle social de la chirurgie esthétique . (.)
Chapitre II. — Age le meilleur pour les interventions . . 15
Chapitre III. — Durée des résultats opératoires .... 17
Chapitre IV. — Caractères psychologiques . 19
Psychologie de Tentourage des opérés . 19
Psychologie des opérés . 20
OPÉRATIONS
Chapitre premier. — Décision d'une opération .... 23
Chapitre II. — Exposé des opérations . 25
A. — Opération au niveau de la tempe (cicatrice dissi¬
mulée) . 25
H. — Opération au niveau de la nuque (cicatrice dissi¬
mulée) . 49
C. — Opération dans la région cervicale en arrière,
incision verticale (cicatrice visible) . 49
I). — Détachement du lobule de l’oreille (cicatrice dis¬
simulée) . 49
E. — Opération en arrière de l’oreille (cicatrice visible). 54
F. — Autre opération au niveau de la tempe en croissant
(cicatrice dissimulée) . 56
84
Table des matières
Pages
G. — Opérations pour la patle d’oie et les rides du front. 50
Jï. — Opération au-dessus de l’oreille (lambeau horizon¬
tal à cicatrice dissimulée) . 57
I. — Opération dite « en accroc » au niveau de la
tempe . 57
J. — Vaste intervention comprenant l’incision circu¬
laire dans le sillon rétro-auriculaire et l’opération de
la nuque . 58
K. — Opération au niveau du menton, verticale, visi¬
ble, puis horizontale dissimulée dans le pli. . . 58
L. — Intervention sur les paupières . G2
Chapitre III. — Cicatrices
lionnes cicatrices vues à distance.
Cicatrices vicieuses ....
71»
70
Chapitre IV. — Emplois divers de la chirurgie esthétique . 72
Conclusions . 80
APPENDICE
Instruments nécessaires pour une opération de chirurgie
esthétique . 81
Instruments particuliers à la chirurgie esthétique .... 82
LAVAL. — IMPRIMERIE BARN’ÉOUD
)